Des nouvelles du front de mer.

En attendant le retour sur les flots programmé pour le week-end prochain, et afin de maintenir en haleine mon néo-lectorat, je vais tâcher de répondre en toute mauvaise foi – évidemment- aux nombreux commentaires reçus via le site IsséO, véritable site des voileux et autres amoureux de la mer pur jus, qui ont commenté mes premières notes, Nico les ayant interrogé ( quelle idée isséossi ) sur le bienfondé de ma littérature associée au merveilleux monde de la voââle.

Pour la petite histoire, la toute première note, dite “de présentation”, je l’ai rédigée en mer à deux doigts sur un mini ipad, et, en plus de trois décennies de bons et déloyaux services à l’écriture, j’avoue que celle-ci compte parmi les plus extrêmes au niveau expérience, deux doigts + roulis + écriture automatique qui déforme les phrases sans que je m’en aperçoive + au bout d’un moment ras la couenne = une entrée en matière qui ne mérite pas le Renaudot ( ni le Fémina hahaha ), mais qui avait le mérite de présenter l’idée.

Oulà.

J’ai eu droit à une espèce de totale, et si rapide qu’elle m’a rappelé les meilleurs temps du début des blogs ( en… 2002…?), quand les commentaires fusaient si vite et si drôle qu’on en a passé des nuits, et des heures volées au boulot, à répondre tout et surtout n’importe quoi, du moment que…

Sauf que là, on est encore une fois, dans le merveilleux monde des amoureux de la mer, qui ne sont ni tous libres ni tous égaux, mais parfois pourfendeurs d’égo et, comment dire.. un chouilla border line question misogynie …( si si )…

J’en tiens pour exemple les réponses du type : un bon blog pour IssetHaut version fémina, genre la dame elle a qu’à aller pondre chez les gonzesses ses histoires de bonne-femme, ici on est entre mecs ( ils ont pas dit à couilles mais ils l’ont pensé très fort )… Bon, ça à la limite j’ai l’habitude, sauf que je ne suis pas tout à fait d’accord avec le concept de littérature sexuée, pas plus que pour la peinture, le cinéma, la musique, il n’y a pas d’art affublé d’un 90B de naissance, que je sache, pas plus qu’une prose, quelle qu’elle soit, ne soit dotée à l’origine d’un splendide appendice ( enfin il me semble, si quelqu’un connait une prose à coucougnettes, je suis preneuse, au moins pour la photo, merci ).

J’ai eu droit aussi à des remontrances littéraires sérieuses, type Vous devriez vous faire relire ou vous faire aider par quelqu’un qui sait écrire. Ah ben merde, c’est moi ça normalement. Bon, je vais me demander de m’auto-relire et de m’apprendre à écrire alors. ( Ca va me prendre du temps sur mes préparations d’apéro je peux vous dire que ça ne va pas faire plaisir ni au capitaine ni à nos équipiers mais bon, je SUIS les conseils des internautiques ).

Ensuite il y a les puristes. Ouille ouille ouille les puristes le côté délibérément novice que j’ai décidé d’assumer ça les chatouille ça les gratouille ça leur donne des idées. Résumées en un lyrisme tel que : Machin :  aucun intérêt. A sec et sans fioritures. Okok. Ou encore Bidule : bateau de riches, nul ( y’avait pas écrit nul mais c’était idem, j’ai la flemme de me reconnecter pour recopier littéralement, mea culpa )

Ah.

Alors ça ça m’a fait gamberger velu.

Que notre bateau soit grand c’est indéniable, mais si je voulais en rajouter une louche ( je vais me gêner ), je dirais que j’ai grandi sur de beaucoup plus grands ( et beaucoup beaucoup plus … ) bateaux que celui-ci, que si ça ne tenait qu’à moi ( et pas au tirant d’eau, nous sommes au max, 2m10 après on ne pourra plus accéder aux mouillages sauvages qui sont nos paradis ), j’en aurais voulu un encore plus grand, pour recevoir encore plus de monde, pour faire découvrir à encore plus d’amis le bonheur de la navigation et la beauté de la mer, mes enfants auraient chacun leur cabine ( ben oui, une garçon et une fille de dix et onze ans ça rêve d’avoir son univers à soi, c’est comme ça ), avec encore plus de rangements, plus de matos pour la cuisine, et pourquoi pas un sèche linge. Quitte à passer pour une nantie, si on aurait pu, on se serions pas gênés.

Là où j’ai tiqué, en fait, c’est que la voile, le bateau en général, ça ne m’a jamais paru être un sport de pauvres. Et je mesure mes mots. J’ai de nombreux amis qui possèdent des rafiots, j’ai fait un tour de Corse une année sur un bateau de six mètres et le capitaine a dégueulé pendant deux jours alors que je m’accrochais à la ligne d’horizon pour ne pas juste pleurnicher Quand est ce qu’on arrive à terre, nous avons loué toute sortes de semi-rigides avec lesquels ( en Sicile notamment ) nous avons passé de splendides journées au large, nous naviguons de concert avec des 30, des 40, on s’en tape le coquillart des pieds, nous naviguons avec les moyens de chacun et JAMAIS, JAMAIS je ne me suis permise de porter un jugement sur la taille, l’équipement, ou ce que sous entendait de moyens la taille d’un bateau. Ca je trouve ça d’un mauvais gout navrant pour le coup. Est-ce que pour être marin il faut avoir un petit bateau ? Est ce que pour être respectueux de la mer comme le sont et le furent les membres de nos familles respectives depuis des générations, ( familles de marins, de peintres de la marine, de fous de la mer ), il faut passer par la case barque ? Est ce que naviguer à six sur un pointu sans chauffage d’avril a fin octobre comme nous le fîmes depuis que nous sommes les heureux propriétaires d’Olinda nous donnerait plus le droit que d’autres d’écrire et aimer la voile ?

Pas sûr.

J’avoue que celle là elle m’a laissée un chouilla pantoise. Bateau de riches, salauds de pauvres, même combat, nous ne sommes pas là pour nous regarder le nombril ni compter les dollars. Nous sommes là pour partager notre chance, point barre.

Et puis et enfin il y a les gentils, les pseudos à compliments qui encouragent et donnent envie de dire simplement merci, et un joli prénom, Sylvie, qui se reconnaitra j’espère, que je ne connais pas mais que j’aime déjà, je sens que nous sommes du même bois de coque, elle a dit les mots qui m’ont arraché plus qu’un beau sourire, une envie de trinquer avec elle si un jour nos routes maritimes se croisent. Sylvie, you’re welcome on board.

Ca ne serait pas complet si je ne parlais pas d’une remarque récurrente liée aux photos, sachez que j’en fais énormément, que la photo est pour moi une passion quasi égale à celle que j’éprouve pour l’écriture, malheureusement, mes photos sont très lourdes, et je n’ai pas encore trouve le moyen de les mettre en ligne sans devoir les réduire une à une, job fastidieux s’il en est, et pour lequel je n’ai pas eu assez de répit ces dernières semaines. Ca va viendre. Moi aussi j’aime les belles images, je me ferai un plaisir non feint de vous le prouver.

Et pour clore en beauté, je répondrai à Chose : “…d’ailleurs, n’était ce pas un peu prétentieux de demander l’avis des membres de la communIsséoté dès la première note?…” ben que non, il n’y a pas de mal à être un mari amoureux, et de la plume de sa femme, et d’avoir envie de la partager. Ca n’a rien à voir avec de la vantardise, c’est de l’amour, et ça, désolée, que l’on soit marin d’eau douce ou capitaine de vaisseau, sportif de haut niveau ou équipier de luxe, ça ne supporte aucune critique.

Je reviens très vite, je veux vraiment vous parler de Ster Wenn.

 

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