La traversée

Depuis des mois qu’avec le grand père de Nico – dont nous savons qu’à 90 ans ce sera sans doute une des dernières fois – depuis toutes ces semaines à préparer notre voyage en Irlande ce n’est pas faute de nous l’être rabâché à l’envi, la semaine avant le départ, on fait calme.

Un beau vœu pieu, ne pas prendre la mer au taquet, sauf que le Sonar de Barcelone le week-end précédent, sauf que le foot six-deux, sauf que la fête de la musique vive la république, et par conséquent trois quatre heures de sommeil maxi les jours précédents font que nous nous retrouvons à bord sur les rotules, en manque évident de sommeil et en trop plein d’arrosages divers, les concerts, les buts, les soirées les plus longues de l’année.

Faire les courses en arrivant, remplir glacière et frigo, on pose le pied sur le bateau il est seize heures l’objectif est de larguer les amarres à dix-neuf, chacun prend sa mission en main en même temps que ses marques en oubliant les maux de crâne du réveil et les trains et les bagages et…

19h, on y est, c’est parti pour la traversée.

La première nuit, des quarts de deux heures, à deux, nous sommes quatre, la mer est calme, un peu de vent, on se met à la voile en alternance avec des petits coups de moteur pour recharger les batteries, les téléphones nous réveillent, le capitaine est sur tous les fronts, heureusement que sa vie de musicien nocturne lui fournit de bonnes habitudes, le sommeil volé entre deux avions et des nuits sans lune, ça le connaît.

Car si le soleil s’est couché tard, la lune elle, est totalement absente, un croissant comme un mince  filet blanc qu’on apercevra aux aurores noyé dans les pastels, rose, orange, bleu pâle.

En revanche il y a plein d’étoiles.

Pour Galud c’est le baptême du large, en guise de champagne il nous gratifie de quelques gerbes stomacales, son pied marin ne résiste pas au vent de face, ça clapote pas mal et même pour aller pisser, il faut avoir un bon sens de la danse.

Premier matin, émois du vide, au raz de Sein on franchit la ligne, le vent de nord-est fraîchit et les expressos à pompe du capitaine sont bienvenus pour affronter la journée.

La deuxième nuit le vent forcit, et tourne enfin, Olinda se met à galoper, huit, neuf nœuds, la crainte de devoir s’arrêter aux îles Scilly pour se ravitailler en gasoil s’estompe, tagada tagada rigole le capitaine qui règle ses voiles en souriant, nous gagnons du temps sur les prévisions, une dépression est annoncée au-dessus de la côte irlandaise, on devrait arriver à temps, juste avant.

Le corps réagit vite, étonnamment même, pendant cette seconde nuit où il faut aussi économiser les batteries plus personne n’a de téléphone, inutile aussi il n’y a plus de réseau, pour faire réveil, et je me sors des limbes comme une fleur à dix minutes de ma prise de quart, la machine se plie aux directives, dormir une heure, reprendre le guet, nous sommes très seuls y compris dans les endroits réputés bondés, un ou deux cargos pas plus qu’il faut éviter, on est dans la nuit noire et courte largués pour de vrai.

Le vent tombe comme le ciel s’allume, on passe au moteur et le capitaine n’a pas mâché des heures durant toutes les options dans son bain Ipad à la main, on change de cap pour ne pas risquer de se prendre les orages, traversée écourtée le canon tant attendu se rapproche, la bouteille de bulles est au frais l’agneau mijote, les sourires racontent que nous verrons bientôt la terre, dans quelques heures à peine, et c’est un sentiment étrange, oscillant entre un soulagement légitime, tout s’est bien passé, et une mélancolie de cette course effectuée ensemble qui va finir, où on pense à se sourire quand on émerge les yeux épais pour sortir équipés, notre cabine avant rendue inaccessible par le roulis c’est dans le carré sous une couvrante qu’on se régénère, quelquefois on chante, on gueule, tout ce néant que nos âmes d’hommes se rassurent à remplir.

 

Ce sera donc Baltimore, et comme on se rapproche, que les reliefs se dessinent dans la pâleur des gris à l’horizon, monte une frénésie, pas uniquement celle de la Guiness et du match France-Equateur auquel on devrait pouvoir assister pile on time, c’est autre chose, de profondément marin, on se dit qu’on aurait pu encore et encore, on y est, dedans, dans ce face à face avec nous-mêmes, chacun, à des moments divers mais tous, mousquetaires provisoires, on a ce temps de la confrontation, quand plus rien ni personne n’est là pour nous distraire de qui nous sommes.

 

La baie, puis le ralenti, puis l’accostage au ponton à côté d’un splendide Moody 54, et la terre ferme qui accueille ma rencontre avec l’Irlande, un petit front de maisons colorées dont une d’un rose bien vif qui contraste avec sa voisine turquoise, un pub, deux, quatre, sept, le sol c’est son tour de tanguer du mal de terre.

We did it, on fait péter le bouchon ( Papillon, champagne rosé nature) , tout le monde montre ses dents, de joie cette fois, Baltimore nous voilà.

 

C’est à quelques poignées de miles des côtes que je me souviens, elle avait été envoyée en pension en été, ici en Irlande, pour l’éloigner de son fiancé, son père ayant décrété voyant ce grand échalas rouquin de presque deux mètres vouloir épouser sa fille adorée : moi vivant : jamais. C’est pour la rejoindre et l’enlever qu’il quitta Saint-Cloud en vespa pour la kidnapper, celui qui n’était qu’un jeune étudiant aux arts déco.

Il avait 19 ans, elle seize, la jeune fille couvée rencontrée à la piscine Molitor et son charming prince auraient ici leur destin scellé.

Sans savoir encore qu’ils seraient mes parents, one day.

 

 

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Le boulet marin

Grandir sur un bateau, c’est se soumettre à de multiples règles, fais-pas ci mets-pas ça lève ton cul de là et puis s’en va, entre autres.

L’ « autres » étant relatif à toutes les questions de savoir-vivre, savoir-vivre ensemble, savoir vivre ensemble dans un espace réduit (sans possibilité de s’enfuir, ni débarquer les autres, ce qui créé LA différence avec le camping-car).

 

 

 

Qui navigue depuis l’enfance a donc forcément une enfilade de perles, moments mémorables où il a été de bon ton que les couteaux soient hors de portée, où de l’eau a coulé dans le vin en quantité industrielle, où en résumé, il a fallu Prendre sur soi.

 

 

 

Avec sans doute pour tous une étoile au centre du collier, la fois dont on se rappelle vraiment, parce que les autres se sont heureusement dissoutes dans ( le vin) les bons souvenirs, il n’y a pas de photo de Ce moment où la croisière ne s’amusait plus du tout, les témoins ont disparu, les autres c’était la famille et la famille même si ça s’éparpille, une fois revenue à terre et au calme, ça pardonne tout.

 

 

 

Mon étoile à moi, c’est dans les Lipari, dans les années 88-89, nous venons de nous prendre une drache sévère avant de nous réfugier au large de Porticello, le capitaine corse est d’une humeur de sanglier, l’équipage qui doit remettre le bateau en état grommelle en faisant le boulot, et nous les passagers passons le temps à grands coups de Scrabble en écoutant la météo qui n’annonce rien d’autre que vous en prenez jusqu’à nouvel ordre, c’est à dire Quand ? On ne sait pas.

 

 

 

Le compagnon de ma mère est à cette époque un être irascible, assez imbu de sa personne, qui ne tolère pas grand chose hormis lui même et les mondanités, la perspective d’être enfermé on board sans pouvoir débarquer le met d’humeur ronchon, soit, en plus il se prend deux trois râteaux au jeu des lettres qui achèvent de creuser un rictus qui n’annonce rien de bon, je fais profil bas, tu, il, elle, l’amphore déborde de toute l’eau qu’on lui met dedans.

 

Mon compagnon à cette époque est photographe, il porte les cheveux longs, la mine sportive insolente de jeunesse, il a le pied marin, s’en fout comme de l’an 40 de perdre au Scrabble, déconne dès qu’il le peut pour détendre les uns et les autres, jusqu’au diner du soir, ça marche.

 

 

 

Car au dîner, le compagnon maternel étant dans la politique ça fait un sujet de moins, voilà que la discussion bascule sur le foot, dont ma mère se fout, dont je me fous, et mon compagnon aussi. Sauf qu’en plus, il le dit.

 

 

 

Et là, c’est le drame.

 

Le volcan dans la baie est calme, l’irruption a lieu dans le salon.

 

On ne prétend pas se branler du foot.

 

( Ah bon ?)

 

 

 

Les trois jours qui suivent sont à la hauteur de l’éruption, ils sont deux à vouloir quitter le radeau de la Méduse  chauffée à blanc, la lave suinte des yeux dès que les regards se croisent, il n’y aura pas de vainqueur sauf la bouteille de Whisky, avec moi qui suis sur des charbons ardents en permanence de peur qu’on en vienne aux mains comme ils ont failli, elle gagne son ticket rapidos pour le paradis.

 

 

 

Et puis le soleil est revenu, il y a eu Pompeï, le Figaro d’il y a cinq jours de nouveau à dispo, la magie est revenue tout autour, et contre fortune bon cœur, tout le monde s’est plus ou moins supporté jusqu’à la fin du séjour.

 

 

 

Tout ceci pour dire qu’à l’acquisition d’un bateau, sur lequel nous sommes toujours au moins six, il y a une part de risque consentie et mesurée autant que faire se peut.

 

Il y a des amis qu’on adore qui ne seront JAMAIS invités à bord.

 

Il y a ceux qui boiront trop un soir.

 

Ceux qui cachaient bien leur jeu.

 

On évalue, on fait le point, avant de lancer des invitations et qu’il soit trop tard.

 

 

 

Jusqu’à présent, hormis deux trois séances pas insurmontables mais bon, si on peut éviter, hein, nous avons pu considérer notre chance, ne pas s’être trop gourés dans nos pronostics, on ne peut pas dire sans un poil de malhonnêteté qu’on ne savait pas, untel on était prévenus, un autre a fait amende honorable, être casse-couilles ça arrive à tout le monde, surtout à douze grammes.

 

 

Jusqu’à ce week-end comme c’est dommage.

C’est simple, je n’ai jamais AUTANT fait le ménage du bateau. Non pas qu’il en ait eu plus besoin que d’habitude avec trois enfants deux jours en totale liberté à Hoëdic, les croissants tous les matins et trois femelles à cheveux longs, un chef à bord ( les chefs ça cuisine mais c’est nul en vaisselle, encore que celui-ci, j’ai eu plutôt de la chance, il sait aussi faire le plongeur ), des jambons ( homards ) et des araignées livrées au retour de pêche par le pêcheur lui-même coque contre coque la main dans le seau.

 

Non, j’ai fait le ménage parce que c’était ça OU le drame.

Drame de la bêtise + mauvaise éducation + n’en branle pas une ramée + névrose globale = plus UN cheveu, plus UNE miette, les salles d’eau tu lèches par terre et la vaisselle non non c’est bon je m’en occupe.

 

Me revient aussi une image d’un Tex Avery, un chien qui ne doit pas en réveiller un autre, qui lorsqu’il a mal, se précipite main collée sur la bouche, court le long de trois collines avant de pousser sa main et lâcher un énorme cri.

 

Pareil.

 

Sauf qu’il a fallu attendre dimanche soir passé minuit. Et que l’éternité dit Woody A, c’est long surtout vers la fin, je confirme, je n’ai jamais autant contenu ma respiration jusqu’à la descente du train.

 

( par égard pour un public sensible on taira le taux de grammage qu’il a fallu pour que restent beaux les plumages )(et parce qu’en vrai tout est bon dans le tire-bouchon ).

Alors : garder les bons moments.

Une session pétanque mémorable sur deux jours face à la Trinquette.

Une Jeanne qui nous enferme dans l’arrière-boutique pour m’offrir la photo de ce qu’elle a confectionné pendant ce si long hiver. Tricotémaintricotétrompe.

Des retrouvailles avec la tendresse des soirées d’été, quand il fait jour jusque 22h.

Des parenthèses douces avec les uns et les autres ( = Madame est partie se coucher ou fait encore la sieste ).

Des enfants le bonheur écrit sur le visage.

La prochaine c’est l’Irlande, et cette fois ci, pas de déconne sur l’équipage.

 

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Hoedic tour 3.

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Tour Hoedic 2.

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Tour dHoedic par la côte.Part 1.

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Des nouvelles du front de mer.

En attendant le retour sur les flots programmé pour le week-end prochain, et afin de maintenir en haleine mon néo-lectorat, je vais tâcher de répondre en toute mauvaise foi – évidemment- aux nombreux commentaires reçus via le site IsséO, véritable site des voileux et autres amoureux de la mer pur jus, qui ont commenté mes premières notes, Nico les ayant interrogé ( quelle idée isséossi ) sur le bienfondé de ma littérature associée au merveilleux monde de la voââle.

Pour la petite histoire, la toute première note, dite “de présentation”, je l’ai rédigée en mer à deux doigts sur un mini ipad, et, en plus de trois décennies de bons et déloyaux services à l’écriture, j’avoue que celle-ci compte parmi les plus extrêmes au niveau expérience, deux doigts + roulis + écriture automatique qui déforme les phrases sans que je m’en aperçoive + au bout d’un moment ras la couenne = une entrée en matière qui ne mérite pas le Renaudot ( ni le Fémina hahaha ), mais qui avait le mérite de présenter l’idée.

Oulà.

J’ai eu droit à une espèce de totale, et si rapide qu’elle m’a rappelé les meilleurs temps du début des blogs ( en… 2002…?), quand les commentaires fusaient si vite et si drôle qu’on en a passé des nuits, et des heures volées au boulot, à répondre tout et surtout n’importe quoi, du moment que…

Sauf que là, on est encore une fois, dans le merveilleux monde des amoureux de la mer, qui ne sont ni tous libres ni tous égaux, mais parfois pourfendeurs d’égo et, comment dire.. un chouilla border line question misogynie …( si si )…

J’en tiens pour exemple les réponses du type : un bon blog pour IssetHaut version fémina, genre la dame elle a qu’à aller pondre chez les gonzesses ses histoires de bonne-femme, ici on est entre mecs ( ils ont pas dit à couilles mais ils l’ont pensé très fort )… Bon, ça à la limite j’ai l’habitude, sauf que je ne suis pas tout à fait d’accord avec le concept de littérature sexuée, pas plus que pour la peinture, le cinéma, la musique, il n’y a pas d’art affublé d’un 90B de naissance, que je sache, pas plus qu’une prose, quelle qu’elle soit, ne soit dotée à l’origine d’un splendide appendice ( enfin il me semble, si quelqu’un connait une prose à coucougnettes, je suis preneuse, au moins pour la photo, merci ).

J’ai eu droit aussi à des remontrances littéraires sérieuses, type Vous devriez vous faire relire ou vous faire aider par quelqu’un qui sait écrire. Ah ben merde, c’est moi ça normalement. Bon, je vais me demander de m’auto-relire et de m’apprendre à écrire alors. ( Ca va me prendre du temps sur mes préparations d’apéro je peux vous dire que ça ne va pas faire plaisir ni au capitaine ni à nos équipiers mais bon, je SUIS les conseils des internautiques ).

Ensuite il y a les puristes. Ouille ouille ouille les puristes le côté délibérément novice que j’ai décidé d’assumer ça les chatouille ça les gratouille ça leur donne des idées. Résumées en un lyrisme tel que : Machin :  aucun intérêt. A sec et sans fioritures. Okok. Ou encore Bidule : bateau de riches, nul ( y’avait pas écrit nul mais c’était idem, j’ai la flemme de me reconnecter pour recopier littéralement, mea culpa )

Ah.

Alors ça ça m’a fait gamberger velu.

Que notre bateau soit grand c’est indéniable, mais si je voulais en rajouter une louche ( je vais me gêner ), je dirais que j’ai grandi sur de beaucoup plus grands ( et beaucoup beaucoup plus … ) bateaux que celui-ci, que si ça ne tenait qu’à moi ( et pas au tirant d’eau, nous sommes au max, 2m10 après on ne pourra plus accéder aux mouillages sauvages qui sont nos paradis ), j’en aurais voulu un encore plus grand, pour recevoir encore plus de monde, pour faire découvrir à encore plus d’amis le bonheur de la navigation et la beauté de la mer, mes enfants auraient chacun leur cabine ( ben oui, une garçon et une fille de dix et onze ans ça rêve d’avoir son univers à soi, c’est comme ça ), avec encore plus de rangements, plus de matos pour la cuisine, et pourquoi pas un sèche linge. Quitte à passer pour une nantie, si on aurait pu, on se serions pas gênés.

Là où j’ai tiqué, en fait, c’est que la voile, le bateau en général, ça ne m’a jamais paru être un sport de pauvres. Et je mesure mes mots. J’ai de nombreux amis qui possèdent des rafiots, j’ai fait un tour de Corse une année sur un bateau de six mètres et le capitaine a dégueulé pendant deux jours alors que je m’accrochais à la ligne d’horizon pour ne pas juste pleurnicher Quand est ce qu’on arrive à terre, nous avons loué toute sortes de semi-rigides avec lesquels ( en Sicile notamment ) nous avons passé de splendides journées au large, nous naviguons de concert avec des 30, des 40, on s’en tape le coquillart des pieds, nous naviguons avec les moyens de chacun et JAMAIS, JAMAIS je ne me suis permise de porter un jugement sur la taille, l’équipement, ou ce que sous entendait de moyens la taille d’un bateau. Ca je trouve ça d’un mauvais gout navrant pour le coup. Est-ce que pour être marin il faut avoir un petit bateau ? Est ce que pour être respectueux de la mer comme le sont et le furent les membres de nos familles respectives depuis des générations, ( familles de marins, de peintres de la marine, de fous de la mer ), il faut passer par la case barque ? Est ce que naviguer à six sur un pointu sans chauffage d’avril a fin octobre comme nous le fîmes depuis que nous sommes les heureux propriétaires d’Olinda nous donnerait plus le droit que d’autres d’écrire et aimer la voile ?

Pas sûr.

J’avoue que celle là elle m’a laissée un chouilla pantoise. Bateau de riches, salauds de pauvres, même combat, nous ne sommes pas là pour nous regarder le nombril ni compter les dollars. Nous sommes là pour partager notre chance, point barre.

Et puis et enfin il y a les gentils, les pseudos à compliments qui encouragent et donnent envie de dire simplement merci, et un joli prénom, Sylvie, qui se reconnaitra j’espère, que je ne connais pas mais que j’aime déjà, je sens que nous sommes du même bois de coque, elle a dit les mots qui m’ont arraché plus qu’un beau sourire, une envie de trinquer avec elle si un jour nos routes maritimes se croisent. Sylvie, you’re welcome on board.

Ca ne serait pas complet si je ne parlais pas d’une remarque récurrente liée aux photos, sachez que j’en fais énormément, que la photo est pour moi une passion quasi égale à celle que j’éprouve pour l’écriture, malheureusement, mes photos sont très lourdes, et je n’ai pas encore trouve le moyen de les mettre en ligne sans devoir les réduire une à une, job fastidieux s’il en est, et pour lequel je n’ai pas eu assez de répit ces dernières semaines. Ca va viendre. Moi aussi j’aime les belles images, je me ferai un plaisir non feint de vous le prouver.

Et pour clore en beauté, je répondrai à Chose : “…d’ailleurs, n’était ce pas un peu prétentieux de demander l’avis des membres de la communIsséoté dès la première note?…” ben que non, il n’y a pas de mal à être un mari amoureux, et de la plume de sa femme, et d’avoir envie de la partager. Ca n’a rien à voir avec de la vantardise, c’est de l’amour, et ça, désolée, que l’on soit marin d’eau douce ou capitaine de vaisseau, sportif de haut niveau ou équipier de luxe, ça ne supporte aucune critique.

Je reviens très vite, je veux vraiment vous parler de Ster Wenn.

 

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Faux-départ.

Ca fait pourtant un bail que l’on est sur le sujet.
Voiles neuves certes, mais aussi les fameux certificats médicaux obtenus à l’arrache à l’île aux moines, le docteur que je connais bien en profite pour me faire un petit bilan global désastreux, peu importe, j’ai le précieux sésame à la dernière minute c’est tout ce qui compte.

Nous devions être trois générations ( contre quatre il y a deux ans pour une petite course, de l’arrière grand-père Michel Holley au dernier mâle Ange ( 8 ans), quatre générations à régater c’est tout de même une chance inouïe dans les livres qui s’écrivent des histoires de famille en mer.

Las, cette année Michel voyant les prévisions météos n’annoncer que du gros temps ne se sent pas de prendre le départ, son cœur n’appréciera pas le coup de sang qui ne manquera pas de lui agiter le palpitant, il faut voir, c’est assez extraordinaire, le bleu de ses yeux s’allumer de la folle jeunesse chaque fois qu’il évoque la course, et définit avec son petit fils Nico les options de parcours à prendre, il a dans les veines le sang de la gagne, 90 printemps n’y changent rien à cette volonté absolue de laisser les autres derrière…

Nous sommes quatre, Alex le frère de Nico équipier idéal, ils ont tant évolué ensemble depuis leur prime enfance sur les Izenah successifs de leur grand-père qu’ils n’ont besoin que de peu de mots pour se transmettre les ordres et les exécuter, la complicité de leurs traits semblables se lit aussi dans leur façon d’aborder les manœuvres et de lire les vents, c’est un confort auquel je ne peux prétendre et c’est toujours fascinant de les regarder en osmose. Pierre est avec nous aussi, un gaillard de presque deux mètres à qui les mauvaises conditions attendues ne font pas peur, s’il est un peu moins pro que les deux frères il est néanmoins le bon équipier complémentaire, sa soif d’apprendre et sa force se conjuguent parfaitement avec l’expérience des deux dominants du cockpit.

Quant à moi comme toujours, élevée par un capitaine corse à caractère exécrable, je me réfugie pendant les manœuvres de port et les passages délicats, fort heureusement pour moi je bénéficie d’un estomac solide et d’une bonne oreille interne, même quand tout valse à l’intérieur du bateau, mes intestins eux, ne dansent pas la parisienne…

Nous sommes arrivés depuis Hoedic a la Trinité avec une mer moyenne, des paquets de mers qui salent les hommes et le tek, Nico est heureux de voir le bateau résister à de telles conditions, ça le rassure pour l’Irlande et le conforte dans son choix de voilure. Le contraste est saisissant, nous sommes passés du calme apaisé du caillou à la ruche des bateaux entassés pour la course, à couple en cinquième position, je remets de l’ordre à bord pendant que les hommes vont remplir les formalités, je m’amuse de distinguer en laissant trainer mon ouie fort fine ceux qui sont là réellement pour la gagne de ceux qui comme nous, sont venus avant tout pour prendre du plaisir à faire cette course qui est la plus grande et belle des courses amateurs.

Le soleil couchant signe une accalmie mensongère, tout le monde s’attend au coup de vent prévu depuis une semaine, le départ est annoncé depuis huit heures jusque dix pour le top, à huit heures trente, avec un vent fort et des grains rémanents nous larguons vers la bouée qui nous est réservée ( celle des grands formats de croisière) au milieu d’un capharnaüm monstre de coques, personne n’a échelonné, tout le monde bouge en même temps, ça vaut le coup d’œil même si sans surprise, à la VHF, on entend déjà parler de casse et d’abandons.

Le spectacle vaut pour lui seul, malgré les dégradés de gris, c’est unique de voir ainsi 517 bateaux s’élancer, qui tournoient comme des oiseaux de proie autour des bouées, attendant un signal qui ne vient pas au milieu de la houle et des rafales, je suis collée aux infos, les abandons s’accumulent, les réclamations aussi, soudain Nico gueule avant de le signaler immédiatement Un homme à la mer !!! juste devant nous, effectivement, j’aperçois la capuche fluo et le gilet dans le gris des flots agités cerclée de bouées oranges d’alerte, j’ai pris un cours d’homme à la mer il y a quelques jours, je ne pensais pas avoir l’opportunité de visualiser une démo in situ si vite, les bateaux à moteur tournoient autour de celui qui surnage, c’est un moment très intense, il y a la peur, l’espoir, le soulagement quand on le voit enfin hissé, on se met à sa place, à celle de ses équipiers, on imagine le froid et l’angoisse, on compatit, on se réchauffe comme on peut avec un thé.

Les sarcasmes de ce départ qui n’en finit pas de ne pas sonner résonnent dans la VHF, certains sont caustiques, d’autres un peu moins polis, un équipage au complet chante en se moquant, ça tourne à une drôle de farce et l’organisation en prend pour son grade.

Nous, ça nous laisse le temps de visualiser la suite probable, un passage de la pointe des poulains et de la teignouse dangereux, trop de mer pour trop de bateaux en même temps à tirer des bords pour remonter le courant, Nico pèse et évalue sans cesse, les gars sont trempés mais vaillants, pourtant, alors qu’on annonce enfin que c’est pour bientôt, Nico choisit de renoncer, pas la peine de s’infliger le risque d’une bataille qui pourrait nous coûter cher, tant en sécurité qu’en confort, il prend la VHH pour signaler notre forfait et si nous sommes tous un peu déçus, nous l’avons tant attendu, il souffle aussi un vent de réconfort quand au moteur, nous quittons la faune malmenée par une force 6 qui menace encore de forcir.

On rentre à l’île aux moines déclare Nico à l’organisation, oui, un peu tristes, mais avec la certitude qu’on y sera, et pas qu’un peu, l’année prochaine, pour le Tour de Belle-île 2015.

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Dame Hoedic, toujours…

Chaque fois qu’au loin j’aperçois le caillou, son petit village ramassé de blanc sur le promontoire, je suis envahie par cette émotion extraordinaire de rentrer à la maison.

 

J’éprouve pour cet endroit la même que celle, éternelle, que je voue à un autre paradis lointain, un petit village brésilien où j’ai passé de nombreuses années à écrire, flanqué contre Recife, deuxième grande ville du pays, capitale et Venise du gigantesque état du nordeste, Olinda, qui donna son nom à notre bateau.

 

J’ai écrit récemment dans un recueil de nouvelles en cours de publication un chapitre romancé, j’ai installé sur ce petit paradis adoré des voileux un personnage haut en couleurs inspiré d’une connaissance, un chanteur, black, maigre comme du papier à clopes et crooner d’enfer, et j’ai à travers lui et cette histoire inventée déjà beaucoup dit de cet indéfectible qui me relie à l’îlot aux parfums de safran et fenouil sauvage.

 

A l’image du renard du petit prince, nous nous sommes progressivement apprivoisés avec les gens d’Hoedic, les 80 habitants qui cet hiver ont essuyé tant de tempêtes, bien aidés dans cette entreprise de séduction mutuelle par un de nos très grands amis de l’île aux moines, Marco, ancien marin et pêcheur émérite, qui a choisi de se donner la mort à quelques jours de noël, deux mois après qu’il soit venu ici avec nous sur le bateau, pour l’anniversaire de Nico, lui offrant une vraie vareuse familiale comme il lui avait offert précédemment son premier filet, celui des 21 araignées d’il y a deux semaines à Ster Wenn.

 

Lorsque nous revenons pour la première fois il y a bientôt un mois, C., pêcheur ici, nous accueille l’œil humide à la trinquette, lui aussi nous dit-il, s’est foutu le calibre sur la tempe cette hiver, et puis il a reculé, il adorait Marco, comme nous, comme les gens d’Izenah et D’Hoedic, et nous levons ensemble notre premier canon à sa santé au ciel, avant le lendemain de faire de même à la bouée de l’entrée du golfe où ses cendres ont été dispersées en pleine tempête un jour de janvier, comme il l’avait souhaité.

 

Ma première venue à Hoedic un 24 aout il y a trois ans, je m’étais cassé une côte la veille à l’ile aux moines, un imbécile qui me faisant danser un rock musclé m’a lâché la main, m’envoyant à plein régime m’enfoncer la cage dans un coin de buffet de bois sombre.

J’arrive donc pour mon initiation la douleur lisible sur mes traits, et file voir l’infirmière que je ne connais pas encore comme la femme de C. Elle me donne de bons antalgiques sans me réclamer quelque ordonnance que ce soit, des médocs suffisamment costauds pour me permettre malgré la fracture d’assurer toute la journée un des tournois de pétanque les plus mémorables de mon parcours de bouliste.

 

Les trois générations de femmes qui tiennent la Trinquette savent avant que nous y parvenions dès que l’on accoste que nous sommes arrivés, elles nous accueillent aujourd’hui comme un membre de la famille des amoureux de l’île, elles savent notre attachement, notre respect des lois, connaissent l’âge de nos enfants et les repèrent quand ils disparaissent pour la journée, trop heureux de cette liberté inouïe d’ici, pas de voiture, pas d’étranger suspect, juste les règles de base à respecter, et le son des pétards à torpille comme un son de petit poucet qui nous indique parfois où ils sont entrain de courir.

 

Hoedic est à ce point mon havre que pas une croisière ne se fait sans que nous y passions, elle est le cadeau de bienvenue que  nous offrons à tous nos passagers, chaque fois différente et immuable dans son essence, elle mérite sa rubrique entière dans ce blog, qui s’intitulera donc Aujourd’hui à Hoedic.

 

9 mai.

Les jambons, ils appellent ça.

Christian nous a fourni sur commande passée il y a trois jours de quoi nous faire un déjeuner royal à  bord, deux homards dont l’un fait plus de quatre kilos.

Comme nous avons la chance d’avoir ( c’est récurent, les noms changent, mais c’est récurent…) un chef à bord, aujourd’hui Pierre, qui posséda le Dôme du marais, à Paris

(une étoile au Mich), et possède toujours Le café des musées ( rue de Turenne, paris ), c’est depuis que nous les avons dans le seau la cascade de recettes potentielles, simplicité toujours privilégiée tant la qualité du produit le mérite, Pierre a été ramasser ce fenouil sauvage qui pousse sur tous les flancs du caillou, le beurre croque au sel, la crème au lait cru, pour aujourd’hui l’affaire de la bête à pinces est faite.

 

A la Trinquette je suis arrivée au moment de la livraison des journaux, Véro ( la fille de Jeanne ) qui s’en occupe fait les commentaires au fur et à mesure qu’elle déballe, ça n’est pas de commerce seulement qu’il s’agit, cette voix la vaut tous les cafés du monde.

 

Elle me dit en faisant le compte et me servant mon premier blanc pétillant, j’ai tellement pensé à toi que j’ai oublié de monter chercher ce que tu m’as demandé hier soir, une vareuse marine 10-11 ans pour ma fille, brodée Aux amis d’Hoedic.

Elle n’a en revanche pas oublié ce que Nico lui a demandé hier, une loc pour sa sœur une semaine fin aout, elle avait mis l’adresse mail de Nico dans son soutien gorge, tombée de ses seins quand elle s’est déshabillée hier soir, elle ne risquait pas de l’oublier clame t ‘elle dans un rire gras comme on quitte la terrasse à regret, chaque fois, c’est un pincement, jusqu’à la suivante.

 

J’ai changé la page du calendrier, ceux que l’on ne voit plus, une petite feuille par jour et son dessin humoristique, la date en grosses lettres rouges. 9 mai en capitales.

 

Jeanne, elle, sert les demis et les rosés, hier soir je l’ai photographiée dans sa remise où elle m’a entrainée pour me montrer où elle en est de sa confection magique, un caleçon tricoté avec oreilles d’éléphant, yeux, moustaches, et étui à manche et coucougnettes.

Un privilège, je ne le sais que trop bien.

 

L’ile est pas mal habitée en ce week-end prolongé, l’hiver s’éloigne l’été s’annonce, l’accent si chantant et si particulier d’Hoedic distingue les habitués des hommes de passage, les terrains de boule sèchent, la reprise des tournois hebdo c’est pour bientôt.

 

On doit filer à La Trinité pour prendre le départ de la course du tour de belle-île, la mer n’est pas folichonne on sait qu’on va se faire rincer, le blues de l’un rejoint le gris de l’autre, alors sortir un Désordre de chez La Sorga, puis un deuxième, coller Abbey Licoln a fond dans les enceintes ( Fusion, changées avec les voiles , à l’extérieur en navigation ça a un super son ).

Un signe de la main aux filles, trois générations ouvertes 7 jours sur 7 365 sur 365, la mémoire et le futur de l’île, tant qu’Hoedic rimera si bien avec magique.

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9 noeuds.

J’ai prévenu dans l’introduction de ce blog, je n’escompte pas mesurer ma prose à celle des marins aguerris, je n’ai ni les compétences voileuses ni la volonté masochiste de me prendre des seaux de vômi ( pour qui elle se prend celle-là ), en revanche je compte bien apporter un peu de féminité radicale dans ce monde qui faute d’être ouvertement machiste est tout de même fort équipé en testostérone, dans ce que j’en lis et en vis tout du moins ( et qui n’engage que moi sur les flots ).

 

Ca manque ( souvent ) un peu de fantaisie en dehors des discussions de ris et d’évaluation préalable des nœuds de vent, j’ai (souvent) souri à l’idée de proposer une mode plus funky ( et sexy, et seyante tout court ) que celle des rayures combis et autres vestes qui ont oublié d’être cintrées, et espère toujours avoir le temps de réaliser une vaisselle de bord affublée d’autres motifs que les sempiternels bouts et nœuds de corde marine sur fond blanc-plan-plan…

 

Ceci pour introduire la scène qui suit et dont je ricane encore, ma rencontre au salon nautique avec celui qui fabriqua nos nouvelles voiles.

 

Bien remontée par un déjeuner léger top arrosé de super qualité aux « Dauphins »

( Avenue parmentier, Paris 11)(de mémoire un bourgogne blanc de chez Cossard et sa cousine en rouge, deux quilles à trois un bon starter pré-enfer métro/palais des sports), nous voilà un vieil ami monté spécialement à ca capitale mon homme et moi visitant tous les derniers grands formats du salon. Ils sont gros  (ils brillent ils sont neuf) mais ne sentent pas le sable chaud, les nouveaux sortis des chantiers ressemblent à des lofts, on sent que la clientèle désire de plus en plus ne pas être dépaysée par la navigation, les bois clairs et les parquets à rayures, les cuisines ultra-moderne cheffitude, tout ça nous en touche une sans faire bouger l’autre, sans parler des arceaux qui, à notre goût, sabordent violemment la ligne des oiseaux des mers…

 

Notre tour est achevé du beau monde des caravanes de superluxe quand mon homme propose que nous allions rencontrer notre fabricant de voilure, il fait chaud, je boirais bien un petit canon ( toute cette navigation ça donne soif ), allons-y malgré mes à priori, j’ai donné mon opinion sur échantillon il y a quelques mois, moi le machin strié je trouve ça beaucoup moins pur que le tissu de base blanc, même si on m’explique que c’est évidemment beaucoup plus solide, plus marin, plus… je trouve ça moche, ça m’évoque le papier millimétré des cours honnis de géométrie.

 

On me présente le gentil Gildas, qui non seulement est souriant et avenant mais qui a en plus la très mauvaise idée de me demander mon avis.

Est-ce la fatigue, la soif, la mauvaise-foi, la bêtise crasse, les quatre à la fois va savoir, me voilà éructant telle une splendide mégère, je trouve ça immonde, ça me déplait fortement, si ça n’avait tenu qu’à moi mais on ne m’a pas demandé mon avis, etc etc… la classe internationale.

 

( J’ai revu plusieurs fois Gildas depuis, il est venu à bord et pour me faire pardonner je lui ai sorti un Macon de chez Valette de toute première catégorie après m’être platement excusée, je ne suis (souvent) idiote qu’une seule fois par rencontre ).

 

Bref, le dossier voilure comment dire… a toujours été… sensible.

En tant que femelle digne de sa catégorie j’aurais privilégié (niveau investissements annuels urgents ) la re-peinture de la coque dont le bleu sombre s’est émoussé ( comment ça, l’apparence de la coque ça n’est pas BEAUCOUP PLUS IMPORTANT que les voiles ), j’aurais investi dans le look, pas dans les armes.

 

Las, les voiles sont là quand nous prenons Olinda en main pour la première fois de la saison en Avril, Gilda est à bord pour les régler, et force est de constater à notre première sortie vers Hoedic qu’elles sont belles, puissantes, aptes à nous amener en sécurité vers l’Irlande, en juin.

Je les photographierai sous toutes les coutures pendant les deux semaines de Pâques, elles se décousent et Gilda qui s’y attendait vient les réparer, les ajustements d’usage après les premières sorties, on tape un huit nœuds qui fait sourire le capitaine lorsqu’on se dirige vers Ster Wenn, la grosse coque d’Olinda gite et surfe, le bateau n’est plus uniquement notre maison à voiles et à vivre, c’est devenu une brave bête à courir les régates, et s’amuser des forces.

 

Hier, nous quittons l’île aux moines par temps maussade, grains, mer agitée, je m’endors de ne pas avoir dépassé les quatre heures de sommeil la nuit précédente dans le carré malmené, ça tape, comme j’entends qu’on sera à Hoedic dans une heure je tente de lire au réveil, cette fois-ci mon estomac qui a le pied bien marin m’indique rapidement que je devrais pas trop faire la maligne et je rejoins les équipiers sous le cockpit qui accuses des rafales de mer, le capitaine, lui, exulte, neuf noeuds, 9.dix, 9.vingt, Olinda galope dans le gros temps, les voiles gonflées comme si elles souriaient aux grand aux vents mauvais, neuf nœuds ça commence à être une belle vitesse de croisière…

 

Pour l’esthétique, comme ils disent, Bon bah, on verra ça l’année prochaine, hein… ( on a quand même changé les chaussettes )

 

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Nous.

Un style de vie atypique, lui musicien, en tournée permanente dans toute  l’Europe et plus rarement ailleurs mais quoi qu’il arrive absent les weekends, moi, publicitaire et écrivain, restauratrice un temps, l’ acquisition du bateau nous a paru le moyen le plus efficace de créer un lieu refuge, où nous pourrions réunir nos passions respectives pour la mer et y associer nos enfants, nos familles, nos proches, les potes, ceux qui connaissent et ceux qui découvrent, ceux qui pratiquent et ceux avec qui il faut jouer les pédagogues. Après avoir loué quelques saisons pour vérifier le pied marin de nos deux enfants, Rose qui a aujourd’hui onze ans et son frère Ange, dix, après avoir testé nos capacités respectives à gérer un monde pour moi jusque-là inconnu, celui de la voile ( j ai grandi à moteur sur la grande bleue ), tandis que Nico a poussé sur des voiles ( un grand père architecte et grand marin, Michel Holley, membre de l’équipe de France ), nous avons eu Le coup de cœur, un 50 pieds de 2006 qui n avait pas beaucoup navigué jusqu’à nous, un Oceanis à coque bleue en parfait état général ( compromis idéal entre le bateau de croisière tout confort et la bestiole capable de regatter une fois la voilure obsolète remplacée par une voilure de compete ). Base au Crouesty depuis deux ans, nous avons sillonné le golfe dans tous les sens, nous créant ainsi des mouillages de prédilection, et des affinités sélectives avec certains ” cailloux “, l’île aux moines ou Nico possède une maison de famille et ou nous avons de nombreux amis ilois, puis Hoedic, devenu escale obligatoire, cet îlot protégé est symbole pour nous de tout ce que l’on affectionne, authenticité, charme et rudesse, sauvagerie et panoramas déployés, parfums et couleurs .
Nous sommes descendus l an dernier en Vendée, mer plus chaude et degrés célestes également supérieurs bien agréables en été à l heure des baignades, mais moins de variété de mouillages et d abris, une convivialité parfois plus guinde, aussi.
Le premier grand saut est pour cet été, l’Irlande, en attendant ou en préambule de la réalisation d un des grands fantasmes du capitaine, une Transat’, envisagée pour 2016 si les vents de la vie nous sont favorables…
Nous avons repris la saison au premiers jours d Avril, vacances plus longs weekends, belle-île et son splendide Ster Wenn aux premiers soleils drus du printemps après cet hiver si rude qui frappa la Bretagne sans relâche de tempêtes notées dans le haut du palmarès.
Amis, enfants, des parenthèses ” rond dans l eau ” dans notre zone de prédilection avant la traversée vers l Irlande prévue autour du 22 juin.L’idée de ce blog est de proposer une lecture différente de ces parcours mille fois contés, grace a un style qui est le mien, et un mode de vie qui est le nôtre, parfois décalé, mais toujours en affinités avec des bases solidement ancrées dans le cœur d une majorité écrasante des amoureux de la mer, de belles images, de grandes sensations, de la bonne bouffe et la picole idoine ( nous avons tenu à bar à vins axe sur les vins bio et naturels, nous sommes donc TRÈS exigeants sur la qualité du gloo gloo, d’ où le surnom de Nico, Captain Igloogloo ). Un blog épicurien, avec son ton à lui, ses émotions et souvenirs à lui, à partager avec les connus et inconnus qui se reconnaîtront sous ma plume .Bienvenue dans notre bon vent,
Cee.

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